samedi 15 décembre 2007
archives mai 2007
11 mai
2007
Blogoshère
J’aime bien surfer dans la blogosphère. On y
trouve de tout. Blogs textuels, photos, espaces persos vidéothèques, récits
intimes donnés à la lecture, récits de vies ou d’opinions, romans en ligne …
j’aime cette diversité et cette richesse, qui nous dit à chacun où que nous
soyons, et qui que nous soyons, que nous ne sommes pas seuls au monde, (et
réciproquement, ceux qui nous lisent, parfois nous font savoir qu’ils sont
heureux de ne plus être « seul au monde » …
Ces derniers jours, pourtant, je dois admettre avoir
été surprise, tristement surprise de ce que j’ai lu ; oui, c’est encore
des élections, et de leurs résultats, que je vais vous parler.
Ce déchaînement. Gloire aux vainqueurs, mort aux
vaincus ! Quelle violence ! Sur certains blogs, c’est la curée !
Les commentaires, violents, hargneux, me laissent dubitative. Je ne sais pas si
cela préfigure « la suite » mais je crains que fonctionnaires,
petites gens, artites et inytelletuels, gens de « toutenbas » et
autres soient obligés de faire profil bas pendant quelques années…
« Les blogs de BD sont-ils faist par des gens
de gauche ? » se posait Libé, ou le Monde (je lis les deux en ligne,
quand on est stérile, on a du temps pour se documenter)… bonne question. Et les
autres blogs, par qui sont-ils faits ?
12 mai
2007
vodka-system
la moto , le boulout,, donc ps de calins naturels.
comme chaque fois ; il y a toujours une bonne rasion pour ne rien faire les
jours d'ovulation. dimache soir peut être, ça sera trop tard.
(les cycles naturels sont zappés parce que mossieu est de mauvaises humeurs)
c'est toujours ma faute, je sais pas présenter
les choses "à la sexy" ... et merde ; pas de calins sous clomid, pas
de calin sous stim iac ... que de mois, d'années perdues. c'est jamais le
temps, mossieu est collé à son ordi, à son putain de boulot (le mien à gérer
c'est clopinette, faut croire)
je ne crois plus en mon compagnon ; il a trop envie
de garder cete petite vie de merde
moi, je ne rêve que de plonger, de ne plus penser,
de ne plus me réveiller.
les boules ; merci sainte vodka, merci, sommifère,
merci valium
un week end sans réfléchir.
plus envie
j'abandonne.
rrrrrrrrrrrrrrrrrrrrzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzzz
14 mai
2007
Part
d'ombre, recette des trois tiers
J'avais une "connaissance" sur
Internet, qui procédait, à chaque coup dur, à la façon des tiers chers à Pagnol
; té !
Deux tiers de whisky, deux tiers de
somnifère, deux tiers d'antidépresseurs, deux tiers d'anxiolytique.
"Et ça t'aide à supporter ? lui ai-je
demandé au téléphone.
- Non, mais ça m'aide à ne plus y
penser."
En même temps, finir
alcoolico-toxico-dépendant n'est pas en soit une solution.
Samedi midi, donc, j'ai pratiqué cette recette
magique ; sachant que j'étais devant mon PC vers 17 heures, que j'ai effacé
tous les mails qui me gonflaient depuis un bon bout de temps sur mon mail
perso, ceux de ma soeur, si vous voulez tout savoir, que je n'ai pas réouvert
les volets, (je ferme les volets ces jours là, si vous voulez savoir pourquoi,
relisez "l'hôtel New Hampshire" de John Irving), que je n'ai pas
étalé de vomi partout, (je suis une fille très propre, il me faut vraiment être
très malade pour avoir la nausée, ou enceinte, mais là, jamais testé), que je
me suis réveillée dans mon lit mon "chéri" m'ayant, je ne le sais pas
couché ou pas (mais pas baisée si j'en juge par son refus obstiné les jours
féconds ! Ah ! Ah ! Comme c'est drôle !), je me dis au regard de tout ça que les
tiers sont peu propices au lâcher prise.
En ai-je honte ? Compte tenu de la relative
bonne tenue de mon orthographe et de ma syntaxe, non. Compte tenu de ce que je
pleure depuis une bonne semaine, non plus. Compte tenu de isolement qui
m'entoure, moins encore, de ma bonne tenue au boulot, où ce que l'on me demande
c'est de "faire semblant" et de tenir mon boulot, non plus. Pas de
honte ; je regrette ? Non plus ! j'ai l'impression, de glisser dans
un vide colossal, lisse, sans aspérité, uniquement revêtu d'un vernis social
bienséant de la femme stérile qui ramène pas sa gueule. Si en plus faut avoir
honte très peu pour moi.
En gros, plus je fais semblant, plus je donne
le change, plus je me sens vide. J’explore ma part d'ombre. Jusqu'à combien de
cachets peut-on tenir ? Les tiers, c'est un peu léger ! Ne plus se réveiller ?
Hum ; faut voir ! Autant devenir un légume me navrerais, si tant est qu'une
courgette décongelée ait une activité cérébrale, autant faire une erreur de
dosage définitive ma foi ...
Après quoi je cours ? Quelques heures de
répit, sans aucun problème, ne plus penser, ne plus rêver, ne plus entendre mon
tendre et cher. DU SILENCE ! Bordel !
Quand je vais chez le médecin, c'est soit la
grosse ordonnance, voire "allez chez le psychiatre" (de la part d'un
médecin m'aillant dit, que "fallait le faire plus tôt", ma foi, je
prends les conseils pour des compliments, mais soit ....), soit des cachets de
"herbocalmille", 10 par jour .....
J'en ai ras la pomponnette en ce moment ; de
faire des économies pour payer la prochaine FIV, le prochain billet de train,
la psy, économiser pour l'adoption, le loyer, les impôts, le ... je sais vous
aussi ... marre des comptes, des démarches (un mois après, toujours pas de
remboursement de la sécu ... 100% stérilité la prise en charge ! trop drôle) ;
marre de tout ça !!!!
Marre de faire semblant ; échec de FIV ; trois
jours après, mettez moi sur la gueule un petit chapeau pointu et un nez rouge,
ça va le faire !
Marre de "faire mon deuil" de la
grossesse, ET de la maternité ; je ne vois pas comment, avec deux portes
cassées (suivez mon regard) une assistante sociale pourrait dire Ok pour
l'agrément ;- heu vous l'avez cassée comment cette porte ? Et celle là ?
Chais pas, madame la DDASS, j’l’a pas fait exprès ? (Comment ça se
répare les poignées de porte ? Et les portes elles-mêmes ?)
Là tout de suite je ne sais plus du tout où
j'en suis ; si mon chéri refuse les câlins les jours de fertilité, heu, les
rares jours de fertilité, j'en conclus quoi ? Que je ne sais pas
"présenter la chose" ? Après cinq années, pour avoir l'air sexy et
tentante dois-je me planter une plume dans le cul pour avoir l'air désirable,
alors qu'avec mes 10 kilos en trop j'ai l'âme d'une P..T.. ..N de grosse vache
laitière ? Oué des fois c’est du câlin mécanique, aussi mécanique que les
132 fois où je me suis retrouvée les papattes en l’air, pour examens, pour
transfert, pour contrôle, pour ….Que mon chéri veut un bébé mais pas celui du
des grèves de 2003 parce que l’avenir était incertain, pas celui du
« clomid » de 2004 à cause des CDD, par celui de 2005 à cause de la
mutuelle défectueuse, pas celui de 2006 et 2007 parce que avec le
« blocage » ovarien, le nombre de mois fertiles a été de trois ?
3 !!!! WOUAAAAAHHHHH !
Mossieu est un « sac de
sperme » ? Et moi, je suis quoi ? Un ventre assez rebondi pour
accepter les piqûres (mais pas pour faire s’accrocher les bébés ?), un
compte en banque ambulant pour permettre à des médecins de faire construire le
mini-golf à côté de la piscine ?
Donc 41 ans.
Fin.
1. Une petite annonce sur Meetic ?
« Femme 41 ans, assez mignonne malgré ses 10 kilos en trop et son moral de
chiotte, cherche monsieur séronégatif, même moche si ayant bon QI, pour baise
les ultimes jours de fertilité avant ménopause. »
2. Je prends contact avec
« Snowflakes », les adopteurs chrétiens d’embryons humains
américains ?
3. Avec des « cliniques de
fertilité » espagnoles, israéliennes, grecques pour double don (tant qu’à le
faire seule, hein autant aller au bout de la démarche) ?
4. Faire le dossier de la mort de
l’adoption ? Déménager pour un super appart avec trois grandes
chambres ? Une pour les parents (ou la « maman » seule, mais
bon), une pour le bébé, une pour le bureau (autant montrer que l’on ne confond
pas bébé et ordinateur).
5. Kidnapper un enfant dans un
supermarché ? Au rayon feutres magiques rééffaçables (que si tu le crois
quand c’est noté sur l’emballage t’as pas fini d’en faire des lessives).
6. Fermer ma gueule, « oublier »,
passer à autre chose ? C’est quoi autre chose ? Militer pour le droit
au logement ? Pour la récupération du vent pour les éoliennes ? Pour
combler un vide ? Il faut toujours militer pour combler un vide, t’as du
temps de libre, cocotte alors milite et ne nous emmerde plus.
7. M’occuper d’enfants défavorisés dans les
quartiers chauds ? (Ceux qui me connaissent sauront que l’éducation des
enfants défavorisés en dehors des heures de bureau me laisse heu, de marbre.)
Finalement, je crois que je vais opter pour
Meetic. Au moins on baise !
AAz’-immuno-très-déprimée
15 mai
2007
meetic !
???
Chiche que je la mets sur meetic ma petite annonce ?
ca m'a travaillé toute la journée ; dans un monde de
dingues, qui répondrait à une telle annonce ?
"Qui est le plus fou des deux ? le fou, ou le
fou qui le suit ?" Obi-Wan Kenobi dans Stars war ...
AAz'côté-obscur-de-la-force
16 mai
2007
Mon
horoscope du jour, exceptionnel
Il y a des jours où il est indispensable de
consulter son horoscope de bonne heure, pour éviter toute galéjade !
Merci Yahoo donc :
VIE PRIVÉE : ![]()
Un évènement inattendu, lié à votre fie familiale ou domestique, pourrait
survenir aujourd'hui. Cela ne doit pas vous déstabiliser, alors préparez vous à
toutes les éventualités. Ne vous inquiétez, les choses se stabiliseront
prochainement.
VIE QUOTIDIENNE : ![]()
![]()
![]()
C'est une journée idéale pour les profits financiers, et les astres vous
soutiennent. Vous pouvez prendre quelques risques, mais, prenez garde,
toutefois, lorsque cela concerne des grosses sommes d'argent.
• Votre chiffre porte-bonheur : 15
• Votre couleur du jour : bleu
• Le meilleur moment dans la journée : 9 h
• Atomes crochus : capricorne
je traduis ;
Vie privée : vous trouverez la lessive de samedi
matin pliée ; quel beau cadeau d'anniv ! ne vous inquiétez pas, c'est pour
avoir la place d'une refaire une ce midi. Décrochez votre téléphone au risque
d'avoir les jérémiades de la famille "qui ne vous comprend plus".
Vie quotidienne : c'est le moment d'aller chercher
votre "Astro" gagnant à deux euros ! mazette ! Quelle joie ! Pour les
grosses sommes, une chance sur 13.8 millions au loto est à peut près 20
fois plus élevée que celle de faire un bébé naturellement, et équivalente en
FIV.
• Votre chiffre porte-bonheur : 15 la date
d'hier
• Votre couleur du jour : bleu bon, ça va pour le jean's
• Le meilleur moment dans la journée : 9 h pile-poil l'heure du
début du boulot !
• Atomes crochus : capricorne un
capricorne dans les couloirs ?
Quoi je devrais déjà avoir fini mon brushing et
préparer mon repas ? pffff, si on peut plus flaner ...
18 mai
2007
retours de
grèves ....
Les grèves longues de 1995 ?
Ministre d'Etat, ministre de l'écologie, du
développement et de l'aménagement durable
Alain Juppé, UMP, 61 ans.
...
les grèves longues de 2003 ?
Premier ministre
François Fillon, UMP, 53 ans.
(L'Homme de la Négociation, qui disaient hier à
Europe1 !!!!).
En même temps, jamais le syndicalisme en France
n'aura été aussi peu représentatif des salariés ! Syndiquez vous !
Aaz'
22 mai
2007
L’éléphant
bleu
Vous connaissez l’enseigne « Eléphant
bleu », pour laver les voitures ?
Bon, moi, j’ai un faible pour l’animal, et laver sa
carrosserie est le summum des activités libératrices que je connaisse,
rhumatismes exceptés.
Ce soir, je suis passée devant, et quelques mètres
avant l’entrée de la station de nettoyage, il y avait une dame toute de bleu
turquoise vêtue, capeline comprise, tunique longue avec des voiles
virevoltants, pantalon large, et même les talons hauts !
C’était très chic, assez inattendue sur une voie de
circulation aussi passante … et ultra drôle ; car l’image de cette dame et
l’éléphant bleu de l’affiche se tenait, par effet d’optique, côte à côte !
J’ai éclaté de rire, ce qui est peu charitable, mais
dérisoire, vu le nombre de fois où je rentre dans des poteaux, fais tomber mes
affaires et autres maladresses publiques dont la nature m’a généreusement
pourvue.
Pourquoi je vois raconte ça ? Pour rien. Pour
rire. Pas si mal.
26 mai
2007
Question
d'éthique en AMP - "Le Monde" ce jour
Entretien avec Véronique Fournier, médecin de
santé publique, directrice du Centre d'éthique clinique de l'hôpital Cochin
(Paris)
Un enfant... mais pas à tout prix
LE MONDE | 26.05.07 | 12h09 • Mis
à jour le 26.05.07 | 13h37
En 2004, selon les derniers chiffres de
l'Agence de la biomédecine, 113 000 tentatives d'AMP ont été recensées et 17
791 enfants sont nés grâce à cette technique. Vous dites être confrontée, au
Centre d'éthique clinique, à des dossiers d'AMP de plus en plus complexes,
pourquoi ? L'Assistance médicale à la procréation (AMP) s'est considérablement
développée en France. Au Centre d'éthique clinique, nous ne travaillons pas sur
des dossiers mais sur des "histoires de gens". Nous rencontrons, et
toujours à plusieurs, tous les protagonistes - médecins, patients - et nous
cherchons à comprendre les interrogations des uns et les motivations des
autres. Un dossier, on peut le juger de loin en pensant qu'il est complètement
inenvisageable, mais lorsque l'on rencontre les personnes qui sont derrière ce
dossier et qu'elles nous expliquent leur histoire, il devient très difficile de
dire non à leur désir d'enfant. Elles ont d'authentiques bonnes raisons et des
motivations extrêmement humaines de demander une AMP. Elles ont déjà réfléchi à
la dimension morale des choses et elles sont souvent en grande souffrance. Nous
avons travaillé sur une trentaine de situations difficiles au plan éthique.
Quels cas rencontrez-vous ?
Qu'est-ce qui perturbe le plus les médecins et les fait hésiter à accepter la
demande des patients ?
Il s'agit en général de l'intérêt de l'enfant
à naître. Le questionnement porte sur l'âge des parents - ils sont trop vieux -
ou sur leur statut socio-économique - ils sont précaires - ou encore sur le
risque qu'ils meurent prématurément. Par exemple, nous avons vu un jeune couple
de 30 ans tous les deux atteints de mucoviscidose.
Grâce aux progrès de la médecine, ils peuvent
espérer une survie bien meilleure qu'autrefois. Ils nous disent "à quoi
cela sert, si on ne peut pas vivre pleinement ?, et pour nous vivre pleinement
c'est avoir un enfant". Ils savent très bien que, probablement, au
moins l'un d'entre eux disparaîtra avant que l'enfant ait 10 ans. Quand on
rencontre ces gens qui se sont battus pour survivre et qui ont mûri leur demande
ensemble, on les comprend et on peut trouver que c'est un beau projet. Autre exemple, celui de ces hommes confrontés à un moment
de leur vie à un cancer et à qui les médecins proposent de conserver leur
sperme avant une chimiothérapie. Assez spontanément, une fois qu'ils ont
traversé l'épreuve de la maladie et qu'ils en ont réchappé, ils ont envie de
vivre et, pour eux, cela peut vouloir dire avoir un enfant. Ce sont souvent des
hommes qui ont 65-70 ans et parfois ils viennent avec une femme beaucoup plus
jeune qu'eux parce qu'ils ont refait leur vie. Qui sommes-nous pour leur dire
non ? Je pense également à cette femme de 43
ans qui avait demandé une ligature de trompes dix ans auparavant après avoir eu
trois enfants et une histoire de couple difficile. Elle pensait vraiment
qu'elle en avait terminé avec sa vie de mère de famille. Et puis, elle a
rencontré l'homme de sa vie, plus jeune qu'elle, à qui elle a eu envie de
donner, à lui aussi qui n'en avait jamais eu, un enfant et une famille.
Techniquement, on pouvait l'aider avec un don d'ovocytes. Mais selon la loi,
c'est illégal car elle a dépassé l'âge limite pour procréer. Pourquoi, alors
qu'à l'homme de 65 ans la même loi dit oui ? Pourquoi il y aurait une limite
d'âge pour les hommes et une autre pour les femmes ?
Tous ces cas prouvent-ils, selon vous, que la loi de
bioéthique qui encadre actuellement l'AMP est insuffisante ? Faut-il
reclarifier les limites de l'accès à l'AMP ?
Souvent la loi ne répond pas à ces questions, elle
laisse aux médecins le pouvoir de décider. Mais pourquoi les médecins
seraient-ils les mieux placés pour juger de l'intérêt de l'enfant à naître ? Ou
alors la loi interdit et il est difficile de comprendre pourquoi l'interdiction
passe ici plutôt qu'ailleurs. Par exemple, elle interdit l'accès à l'AMP pour
les femmes qui ont besoin de l'aide d'une mère porteuse. Or souvent ces femmes
en ont besoin pour d'authentiques raisons médicales. Pourquoi interdire à une
femme jeune, qui a eu un cancer avec une chimiothérapie agressive et s'en est
sortie, mais pour laquelle une grossesse peut être dangereuse, d'avoir un
enfant ? Pourquoi serait-ce moins éthique de prêter son ventre plutôt que de
donner un ovocyte ou du sperme ? Sur quels fondements la loi s'est-elle appuyée
pour dire que l'interdit passe davantage ici que là ?
Si la réponse n'est pas dans la loi, où est-elle ?
C'est une question difficile. Mais - et cela
n'engage que moi - plutôt que de dire oui ou non à l'accès à l'AMP en se basant
sur des critères moraux, plutôt que de décider ce qu'il y a de bien ou de mal à
la place des gens, je préférerais que la société dise : "J'ai des doutes
sur votre demande, je ne veux pas la cautionner au plan éthique, mais ce n'est
pas à moi de dire non, prenez vos responsabilités et payez vous-même." Autrement
dit : puisqu'il n'y a plus de limites techniques empêchant de répondre au désir
d'enfant, et puisqu'il est très difficile de fonder des limites au plan
éthique, alors déplaçons le sujet et demandons-nous collectivement si c'est ou
non le rôle de la société de payer pour les demandes qui relèvent davantage de
la convenance personnelle que de la maladie.
Mais n'est-il pas antinomique que les questions
d'éthique tiennent compte de la dimension économique ?
Il faut tordre le cou à cette idée que l'éthique et
l'économique ne font pas bon ménage. Le "principe de justice" est
l'un des piliers fondateurs de l'éthique biomédicale pour deux raisons
principales. D'abord au nom de l'égalité d'accès aux soins, selon lequel il n'y
a pas de raison de dépenser plus pour l'un que pour l'autre. Puis au nom de
l'utilisation optimale des ressources disponibles. Or, en matière de santé, les
ressources ne sont pas infinies. Ce que l'on dépense pour les uns, c'est cela
en moins pour les autres. Nous sommes trop élevés, nous médecins, dans le déni
de la dimension éthique des choix économiques. Dans
notre pays, des inégalités d'accès aux soins existent déjà, on le sait, et plus
cela ira, plus cela sera le cas car plus forte sera la tension sur les
ressources disponibles. Si les limites que l'on s'est fixées jusqu'à maintenant
ne tiennent plus, alors il y a de fortes chances que les demandes d'accès à
l'AMP se multiplient dans les années qui viennent. Le sujet des mères
porteuses, ou de l'accès à l'AMP pour les homosexuels, par exemple, sont des
enjeux sociétaux, politiques qui ont émergé dans la campagne électorale. Il
faut savoir ce que cela veut dire au plan économique.
La question de la prise en charge
de l'AMP par la solidarité nationale pourrait donc être posée ?
Il ne faut pas que ce soit la seule activité
médicale pour laquelle la question soit posée. Néanmoins, nous sommes là dans
une problématique particulière. Habituellement, la médecine propose un
traitement et le patient dispose. Pour l'AMP, la situation est souvent inverse,
ce sont les patients qui sollicitent la médecine et la médecine qui répond oui
ou non. Le pronostic vital n'est pas engagé, et la demande n'est pas toujours
secondaire à une maladie. Cela
pourrait justifier que l'on raisonne différemment. On pourrait concevoir que
les situations d'infertilité liées à une maladie soient prises en charge par la
solidarité nationale. Dans les cas où la réponse éthique est difficile, une
commission multidisciplinaire pourrait être saisie dont l'objet ne serait pas
de dire oui ou non - comme un censeur moral - mais d'établir si la solidarité
nationale assume ou non le financement.
L'infertilité n'est pas une maladie mais c'est un
état subi, qui peut représenter une grande souffrance pour des couples en désir
d'enfant. Comment justifier que cette difficulté ne soit plus prise en charge
par la solidarité nationale d'autant que l'AMP
coûte très chère ?
L'assurance-maladie n'est pas faite pour
pallier les injustices. Elle est faite pour financer des soins nécessaires du
fait d'une maladie. Prenez la chirurgie esthétique : c'est aussi une injustice
de ne pas être né comme on le voudrait sur le plan esthétique. Il y a des gens
pour lesquels cela engendre une telle souffrance qu'ils veulent absolument une
chirurgie. La solidarité nationale ne la paie pas. Si on avait assez d'argent
pour tout financer, pourquoi pas ? Il faut discuter collectivement des
frontières de ce que l'on souhaite financer.
Une tentative d'AMP coûte entre 3 500 et 5 000
euros. C'est cher certes, mais la vie n'est pas en jeu et c'est beaucoup moins
cher que d'autres prestations de santé dont la prise en charge individuelle est
inenvisageable. Mettre en débat public ce que la solidarité nationale doit ou
non financer va devenir une question incontournable dans les années qui
viennent. Il est moins problématique de le faire sur l'AMP que sur, par
exemple, l'éventuelle limitation d'accès aux technologies de pointe en fonction
de l'âge. C'est politiquement tout à fait incorrect d'aborder ce type de
question. On peut néanmoins se demander si
l'on doit tenter des interventions de chirurgie cardiaque lourde quel que soit
l'âge et même si le bénéfice potentiel de survie n'est que de quelques mois. Il
n'est pas normal que ce soit les personnes les mieux introduites, qui
connaissent le mieux le secteur de la cardiologie ou tel patron qui arrivent à
en bénéficier et non les autres. Que voulons-nous collectivement financer ? La
France est très en retard sur cette question, elle ne parvient pas à mettre ce
débat sur la table.
Véronique Fournier
Médecin de santé publique, directrice du Centre
d'éthique clinique de l'hôpital Cochin (Paris) (Propos recueillis par
Sandrine Blanchard)
28 mai 2007
L'empire
contre-attaque
On fête, ces jours-ci, les trente ans ! TRENTE ! de
la Guerre des étoiles !
Le journal "El pais", a fait, à cet
égard, une enquète, pour savoir quel est l'épisode préféré des pestacleurs
(comme ils disent les nains), concernant cette double trilogie ! Les résultats
m'ont drôlement fait plaisir ... et dire que j'allais sur leur site voir les
résultats électoraux ...
http://www.elpais.com/encuestas/encuesta.html?id=...
Aaz'-Leia
30 mai 2007
Mutuelle Générale
des Anes Savants (2) ; le retour « BDCI* » …
Depuis juillet 2005, mes rapports avec mon centre de
sécurité sociale, qui est aussi un centre mutualiste (dont je suis partie pour
rejoindre la concurrence), ne sont plus au beau fixe ; j’ai rué dans les
brancards plus d’une fois, souvent en pure perte ; il n’y a pas eu, depuis
deux ans, d’IAC, de FIV qui soit traitée sans problème…
Option 1 : le retour des documents ;
après la FIV, qui est émotionnellement, un grand moment, je reçois mes petits
documents après un bon mois d’attente ; « veuillez nous renvoyer
un volet de facturation, ou une facture attestant du paiement de ces soins,
afin que nous puissions étudier leur prise en charge » ; mais
justement, c’est une facture que j’ai fait parvenir, doublée d’une ordonnance,
et d’une feuille de soin. Un triptyque imparable, botté en touche par la MGAS …
huit coups de fil plus tard, trois visites pas courtoises plus tard, neuf
photocopies plus tard, la somme est intégralement remboursée.
Option 2 : la perte des documents ;
après la FIV, je prends une grande enveloppe en kraft et je vais soit la faire
parvenir par LRAR (la poste quoi), soit je la dépose dans la jolie boite de la
MGAS. Deux mois après, cent trente trois … euros m’ont été remboursés, sur le
total des 1500 euros d’avance de soins que j’ai faite … quand je réclame, à
savoir, les échographies, l’hospitalisation, les frais de laboratoire
(embryons), et les soins infirmiers, la réponse donnée me troue le
derrière ; « Vous ne nous avez jamais envoyé ces documents ».
Huit coups de fil plus tard, trois visites pas courtoises plus tard, neuf
photocopies plus tard … toujours rien ; la merde quoi ; la santé
mutualiste, l’esprit de corps, la volonté d’aider chacun dans les moments
délicats de la vie ? Rien.
Option 3 : « Vous avez les
originaux ? » ; là, le jeu
consiste à appliquer l’option 2, puis à systématiquement exiger les
« originaux », que je n’ai plus puisque partis au centre MGAS. Pas de
duplicata « qui retarde le remboursement des soins », les originaux
perdus, que vous devez retrouver chez vous, forcément, puisqu’ils ont été
perdus à la MGAS…
Merci à la MGAS, pour tous ces moments délicats,
partagés par des agents délicats, dans les moments délicats …
* BANDE DE CONS INCOMPETENTS….
Aaz’
vendredi 14 décembre 2007
archives mars 07
05 mars 2007
Une
coccinelle ne fait pas le printemps
Hier, c’était dimanche, il faisait beau et des
milliers de violettes s’étendaient dans les sous-bois. Il y avait des tas de
petits oiseaux qui chantaient dans les arbres (quand nous sommes descendus de
la voiture c’était un concert de bienvenue !)… en marchant, qui
rencontrè-je ? Elle ! La toute première ! Petite, dodue, la
carapace brillante ! Alors je l’ai attrapée, entre mes deux paumes, et, je
voulais aller la montrer à mon chéri, qui faisait des photos un peu plus loin.
Mais la coquine ne l’entendait pas ainsi ! et cherchait à s’enfuir .. à
trois pas de mon tendre, pfuiit elle s’envola, sans que j’ai le temps de la
saluer, ni de faire le moindre vœu. Ce matin, il pleut, le ciel est bas et tout
gris ; une coccinelle ne fait donc pas le printemps !
06 mars 2007
Les grandes manœuvres
(protocole again !)
Ca y est, c’est reparti ;
j’ai donc été chercher mon injection de super « Décapeptyl », mon
médicament préféré, celui qui dès le lendemain, me donne envie de sauter par la
fenêtre, de sauter sous un train, d’utiliser mon écharpe à motifs petits chats
pour me pendre dans les escaliers …
Donc d’ici quelques jours ; PIC !
Ensuite, vogue la galère !
les protocoles FIV sont toujours hyper détaillés sur le papier, tel jour tu
fais ceci, tel autre cela …. Mais dans la réalité, tu restes accrochée à
ton portable parce que le protocole, rien à fiche, c’est le médecin qui dit ce
qu’il faut faire, et quand il faut le faire !
Grosso modo : chapitre un (avant les
embryons)
1) Piqûre de blocage ; ça dure entre 15 jours
et trois semaines ; les ovaires sont calmés direct ; bouffées de
chaleur, migraines, ce genre de trucs, mais dans mon cas, envies morbides, et
libido zéro.
2) Piqûres de stimulation ; seconde
partie ; tous les soirs pic-pic de « Puregon » ou
« Menopur » dans le bidon, que la première fois que j’ai du me
piquer, je suis devenue toute verte ; en gros, il faut pincer la couenne
près du nombril, et après avoir armé le petit piston du stylo piqûre,
« PLOP », on enfonce et on pousse le poussoir (forcément) … compter
jusqu’à cinq, sans tourner de l’œil ; un jour à droite, un jour à gauche. (NB,
si vous connaissez un diabétique insulinodépendant, ben ce sont les mêmes
petites aiguilles stylo … mais eux c’est à vie ; un gros bisou à mon
courageux papa !)
3) Ovulation ; entre temps, une surveillance
par prises de sang et échographies permet de savoir si ça marche bien
« là-dedans » ; faut que les taux d’hormones s’élèvent mais pas
trop vite, ni trop, et en rapport avec les jolis follicules qui se
développent ; quand c’est « mûr », piqûre de déclenchement … et
… un soir en général vers 22 h, 23 h … que tu regardes ton horloge en espérant
que l’infirmier ne t’oublie pas ….
4) Ponction ; 36 heures après ; beurk
beurk beurk ; là, c’est la cerise sur le gâteau ! la ponction (le
prélèvement des ovocytes) se fait soit sous anesthésie générale (une tite
demi-heure entre le coup de massue et le réveil), ou sous anesthésie
locale ; mon nouveau centre c’est en local, mais comme je flippe grave,
interdiction de regarder l’écran …. En bref, avec une longue canule, le
gynécologue «tire » pour « attraper » les ovocytes avec une
aiguille placée au bout ; très désagréable, pas insurmontable … mais
angoissant (comme tout d’ailleurs).
Puis : repos ; monsieur qui a été
accueilli dans une jolie petite armoire à « collecte » rejoint madame
…. Tout le monde a fait son don, on est fatigué mais rassuré (ou pas, si il n’y
a pas d’ovocytes « mûrs »), petit déj’ (le second il faut grignoter
avant d’aller à l’hôpital), et au bout d’une heure dehors ! Comme il y a
eu anesthésie locale, ça fait bizarre en haut de la foufoune mais sans plus….
Après ….
Je vous raconterais la suite si vous êtes
sages !!!
Le truc « énervant », c’est le stress
effroyable engendré par tout cela ; c'est-à-dire qu’à chaque prise de
sang, à chaque échographie, y compris lors de la ponction, tout peut s’arrêter,
parce que ça ne fonctionne pas ….. lors de mon dernier suivi, j’ai eu beaucoup
de commentaires impertinents, du biologiste, (mon taux d’hormones montait trop
et trop vite selon lui) et du radiologue (les ovocytes étaient mal placés, mon
médecin ne pourrait « jamais » les attraper (ce qui l’a fait rire, il
les a eus tous les six, et cinq étaient OK) ; j’ai beaucoup pleurer,
heureusement que mon médecin lui était content et me disait de pas m’en faire …
comme je vis en province et que le FIV se fait sur Paris, inutile de dire que
je me sens pas toujours trop « bien » … en même temps, je fais les
trajets en TGV les yeux fermés …
Ce coup-ci, nous rajoutons un coup de
« psy » (merci à elle, vraiment !) et d’acuponcture … là, je
sais pas trop faut voir …. Et aussi un gri-gri porte bonheur !!! (et si ça
continue un raton laveur !)
Bref, d’ici un mois, tout sera joué à la roulette
(russe surtout).
J’ai mis mon injection dans le frigo, et je vais
voir ce que ça donne ; d’après mes calculs, ça va tomber le week-end de
Pâques !
Ah non ! Que faire ; retarder la piqûre
(mon doc va faire les gros yeux !)… ou jouer le coup et faire la poupoule
de Pâques ?
Zat is ze question !
Azeerine – protocole trois
Si vous êtes arrivés au bout de cette
page ; CHAPEAU !
08 mars 2007
Coup
d’état dans ma tête ….
Coup d’état dans ma tête ….
Je crois que depuis cinq ans, les
délits d’ingérence, de gens qui savent, qui savent mieux, qui savent tout, qui
mettent en doutent, qui conseillent, argumentent, polémiquent, avec une foi
plus mauvaise que bonne, ces délits donc, ces coups d’états de mes neurones, se
sont succédés, tout d’abord avec succès, puis avec heu ? disons, qu’au fil
du temps, j’ai été amenée à m’interroger sur la sincérité de tous ces donneurs
de leçons ….
Dernier épisode en date ;
petit mail de l’un de mes proches, qui sachant que des années de galère nous
ont conduit à consulter à Paris, chez un docteur …. (que je trouve gentil et
respectueux et compétent…, ça change), donc après tous ces bouleversements, ces
doutes, ces remises en questions, me conseille de prendre RDV, chez le dr
Machin, LE spécialiste qui va me faire avoir un bébé «c’est sûr je le
lis dans ma boule de cristal ».
J’ai profondément mauvais esprit.
Désormais, je crois que ce qui
semble « une bonne intention », est un coup bas, qui vise à
« plomber » … « si tu consultes pas là, moi qui te donne la
meilleure adresse de paris, c’est que ton bébé, bof bof bof, tu le veux
pas » ; culpabiliser, déstabiliser.
Alors navrée.
Ce coup ci je mène ma barque
comme JE l’entends, et tant pis si le dieu vivant de la FIV parisienne ne
m’aura pas comme patiente.
Sur ce,
GOOD NIGHT
Aazie
11 mars 2007
Dimanche
soir !
Pfff pas envie de retourner au
boulot ; depuis décembre, je reste évasive sur la prochaine tentative …
faut dire qu’à Noël, je suis restée seule à la maison (comme une merde me dit
une petite voix dans ma tête … tais-toi, ptite voix de Gimini) et j’ai pas trop
envie de voir mes collègues faire les faux culs … d’autant que l’une de mes
collègues aborde sa première FIV en sautant comme un cabri, ça me mine …
Que c’est long ce truc, que c’est long ; cinq
ans ça représente une soixantaine d’échecs, de mois déçus … quand on me dit que
pour l’adoption les délais sont équivalents … je perds courage ; encore
des années à attendre ? je n’y arriverai pas. Pas possible. Je me sens au
bout là, alors cinq années de paperasseries ...
Pfffff et si on sautait direct au lundi soir ?
Aazie
14 mars 2007
radars
zé amendes (salées)
Le printemps a un effet secondaire bien inattendu ;
partout, pullulent des ... radars !
comme c'est le temps retrouvé du rosé sur la table
du jardin (j'aime pas le rosé et j'ai pas de jardin...) les services du
ministères de l'intérieur offre les amandes salées de l'apéritif ...
comme beaucoup de français je sursaute en recevant
ce courrier ; 97 km/ au lieu de 90, sur une portion de route que je croyais
limitée à ... 110 ; voui voui, sur l'infime portion à 90, où le panneau de
limitation de vitesse a disparu -? le radar mobile a été posé ! le rappel de
limitation de vitesse, est lui, vaillant au poste ... mais trop tard ...
je suis surprise du peu de panneaux indicateurs sur
le bord des routes, surtout sur les routes hors zone urbaine, où les tronçons
alternent les vitesses sans logique (et pas celle du code de la route), sans
aucune indication ... moi, quand je vois fin de limitation à 70 je voudrais
bien savoir OU ce tronçon a débuté !!! mais que nenni...
demi-tour, vérification ; point de panneau ; route
large, sans croisements méchants ... mystère et boule de gomme ...
je tiens à préciser que je vis en ville, sur un
boulevard (entendez, parisiens, rue à double sens avec des trottoirs de 60 cm
de large et un stationnement alterné dessus) où les poids-lourds et les
semi-remorques déboulent à grande vitesse, (au juger plus de 70 km/h), tous les
soirs dès 18 h 30, afin de contourner l'axe principal ... de temps à autre,
l'un d'eux reste coincé sous le pont ... pfff, mm pas verbalisé non plus !
Donc voilà ; un point en moins : m'en fous c'est pas
moi qui conduisais ; les panneaux, mossieu DDE , tu peux pas les remettre ste
plait ?
aazerine
NB ; j'ai mis mon mail aazerine machin chose en bas
d'la page ; je reçois plein d'offre de marabouts, d'affaires à faire en
république du congo belge et autres amusements pour avoir un correspondant
sud-africain ... zarbi !!!!!!!! -je la change hein , l'adresse !
16 mars 2007
Les grandes manœuvres
(protocole again : DEUX le retour)
Chapitre deux ; les z’embryons
Vous pensez avoir été sages et mériter la suite des
aventures protocolaires ? Soit. Soyez assuré que la seconde partie sera
aussi ennuyeuse que la première. Donc après la ponction ….
1) L’attente ; on repart clopin-clopant, et
assez éclopé, en tous cas ivres du devoir accompli ; en général, vers midi
… pile poil l’heure de manger ; un petit tour de métro (kadéra), on trouve
une enseigne où l’on peut manger un énooooorme steak bien saignant (merci le
symbolisme), boire une coupe de champagne (alors là, dérapage ! il ne
fallait pas boire de boisson gazeuse, mais c’est en relisant le papier après que j’l’ai
compris !) …
Après ? Après il faut attendre le lendemain, (à
partir de 13 h 30) que le labo vous donne des nouvelles … épouvantable :
la nuit d’avant la ponction, que de cauchemars faits sur le nombre d’ovocytes,
la longueur de l’aiguille, l’effet de l’anesthésie locale ; la nuit
d’après la ponction ; la question c’est : Y AURA-T-IL DES
EMBRYONS ? SERONT-ILS BEAUX ? (en FIV, on parle de
« beaux » embryons) …. Une horreur sémantique de plus.
Les roudoudous de mon cœur, sont en effet
classés, en 4 types (la terminologie dépend du centre) ; Type 1 ou
A ; très beaux, bien divisés, avec le bon nombre de cellules au bon
moment. Type 2 ou B ; un peu moins beaux, un peu « fragmentés »
cellules un peu à la traîne. Type 3 ou C ; bof bof bof mais hein, que peut
–on y faire ? Type 4 ou D ; cela ne sont pas « replacés »
trop moches, fragmentés. C’est terrible d’entendre le docteur dire à la
laborantine : « Et ils sont comment ? – Bah, ils sont
bien ! – Bien comment ? – Bien, ils sont bien »…. ???
Genre pas trop laids mais madame a quarante ans alors … (voilà vous savez mon âge !).
Bref ; 24 heures à attendre le coup de fil qui vous dit enfin s’il y a des
embryons et combien … plus rarement le type. Sauf à tomber sur des sadiques.
Avec la précision que tout ce petit monde peut arrêter de se développer d’ici
le lendemain.
2) Le transfert ; rendez-vous le jour suivant, ou le troisième jour, ou le
cinquième pour les fanas des blastocytes, des super embryons de cinq jours,
tout bien développés qui « s’accrochent » -sic, deux fois mieux
que les autres (quelle folie de vouloir des « blastos » à toute
force, pourquoi ne pas replacer les embryons le plus tôt possible, au lieu de
les laisser « crever » dans les fioles pour « essayer le stade
blasto », surtout si madame est une vieille peau dans mon genre … on y
gagne rien !!! (quand ils sont tous HS le troisième jour quelle
horreur !!! on ne sait pas, ne saura, jamais s’ils avaient une
chance de se développer dans l’utérus, au chaud … qui sait…).
Donc RDV au centre à l’heure convenue ; l’heure
du café dans mon centre parisien. Donc arrivée tremblante de la tête au
pied ; combien ont tenu ? attendre de savoir qui sera déclaré
finaliste ? angoisse…, attendre son tour pour pénétrer dans cette petite
salle terne et triste, attendre que le médecin aille chercher la petite
(longue) pipette du transfert, en position gynécologique, le regard dans le
vague, avec chéri qui est mal comme tout (pas encore testé sans mon chéri, le
transfert) … et puis voilà le médecin.
Le transfert se fait sans douleur, personnellement
je suis très contractée, ce qui empêche le passage de la pipette … pas de
« flash », de « oumpssss quelle merveille » dans mon cas …
je sais pas pour les autres.
Juste le soulagement d’être arrivée au bout !
Ensuite on reste allongée vingt minutes, une demi-heure (en province au bout de
trois minutes j’ai été dehors et encore, le médecin ronchonnait pour me faire
l’arrêt maladie ; c’était midi, nous attendions depuis 10 h 30 mais ça le
gavait … il allait manquer son repas à la cantine ! pfff trop nul) … donc
on papote avec son cher et tendre pendant quelques instants, en ne sachant plus
trop si l’on doit être heureux ou pas, partagés entre un immense espoir et une
peur effrayante de l’échec ; on supplie les bébés ;
« accrochez-vous, je vous aime très fort, accrochez vous devenez des vrais
bébés"… « papa » caresse le ventre …. Tout penaud, tout perdu de
ce câlin qui n’a pas été fait … Combien d’embryons ? deux, trois ?
(si on en a beaucop …) ; pour les plus chanceuses, les plus jeunes, les embryons
de bonne qualité sont « congelés » pour une tentative ultérieure en
cas d’échec ; les transferts d’embryons congelés (TEC) sont la suite
logique » d’une FIV qui n’a pas réussi ; cela compte comme une seule
et unique tentative ; même si les taux sont moindres en TEC, ça donne
« des chances en plus » ….. surtout s’il y a plein d’embryons à
décongeler … je n’ai pas cette chance ; pas d’embryon congelé, et même un
« jeté » sans préavis lors de la première tentative … il y en avait
trois, deux furent réintroduits ; que mon tout petit soit parti
dans un lavabo sans que l’on m’en informe (seulement après le transfert) ça m’a
fait pleurer de découragement ; on a tant de mal à arriver à ce que nos
petites graines se rencontrent que ce genre de comportement des équipes
médicales me semble intolérable !
3) Insupportable attente avant le résultat
final ; « Quel conseil me donnez vous maintenant ? ai-je demandé
naïvement la première fois. - Ne stressez pas. » Donc, no stress … facile
à dire ; ensuite, il faut attendre les résultats ; soit sous forme de
règles revenues, pour ma part je n’ai eu aucun doute sur le fait, soit, grâce à
la prise de sang ….
Les règles c’est cruel mais net ; bien sûr, il
faut toujours vérifier avec une PDS, car il existe des débuts de grossesse avec
pertes sanguines, mais bon. Le problème c’est quand les jours passent, et l’on
avance en se rapprochant de plus en plus de cet espoir ténu, fragile …. Selon
les centres la PDS se fait le 12° ou 14° jour … donc, l’on va au labo le matin
le cœur serré, et l’on tend l’ordonnance … épouvantable moment ; je me
sens vide, creuse, comme un coquillage inhabité, seule … toute la journée
attendre encore, encore … la dernière fois, j’ai envoyé mon mari au nouvelles
vers 17 h 30, tellement j’en pouvais plus ; je n’avais pas mes règles, je
ne savais pas …et puis … snif. Comme je n’ai jamais eu de « bonne
nouvelle » il ne m’est pas possible, pour le moment, de vous raconter la
suite …
Alors je vous renvoie à mon premier post.
Voilà. Vous vouliez tout savoir. Vous savez. Merci
de ne plus me dire que c’est comme choisir un bébé en supermarché, que c’est
facile, qu’il n’y a rien à faire, que je suis capricieuse, passive … Sachez que
cinq ans d’échecs, c’est une soixante d’échecs. Imaginez vous passant le permis
de conduire soixante fois en le ratant. Inimaginable ? Je sais. Moi aussi,
j’arrive pas à imaginer ce que ça pourrait me faire… et pourtant… Sur ce ;
bon gros dodo et bon repos ! Aazie
17 mars 2007
super
size me ...
excellent film ... les méfaits du mac do ... sur un
jeune new yorkais en pleine santé ! édifiant ! réquisitoire drole et cynique
...
aazie
22 mars 2007
trois jours de week end ...
demain, je prends le petit tchou tchou, pour monter
à la grande ville, voir le docteur des bébés ... waouuuhhh ; trois jours de
week end là !
si vous passe par là, signez la pétition de
l'association maïa ...
bon week
end !
à lundi !
aazerine
http://www.maia-asso.org/petition/?petition=3%20
http://www.maia-asso.org/prise-en-charge-infertilite.html...
26 mars 2007
prtocole trois
(ter)
Hé voilà !
Petit train à l'aller (28 minutes de
retard ; merci la sncf pas de remboursement), RDV ; 15 minutes, ordonnance,
chèque, merci, au revoir ... shopping intense pour cause de relachage de
neurones, (la carte bleue est restée bleue, sang royal oblige), petit train de
retour ....
Et on y va ; prière de croire en la
médecine, en dame Nature, et son immense générosité, aux miracles, à la petite
souris, et à Chocoline, la Poule de Pâques ...
;-)
Aazerine
28 mars 2007
libère ta
colère...
« Et maintenant, libère ta colère, seule
ta haine peut me détruire » voilà ce qui dit, Dark Vador à Luke Skywalker
à la fin de l’Empire contre attaque … longtemps, j’ai cru que libérer sa
colère, se libérer, engendrait la haine et la destruction ; et puis, je
viens de découvrir que non. Mouais. Si si.
Il n’est pas possible de faire table rase du passé
(houlaa je viens de visualiser Carrie Bradshaw dans « Sex and the
City », j’ai eu un coup de snap affreux, en plus j’ai même pas de Mac).
Dont acte.
Libération.
Parasites ;
tous les parasites de ma relation avec mon chéri, depuis le début, vous me
mettez (mettiez) les glandes ! Que de jugements hâtifs, de faux conseils,
de vraies erreurs. Oui, on a été un jeune couple, oui on a eu du mal à trouver
nos places respectives, et oui, on s’aime malgré nos différences, nos
oppositions, nos chemins… Voui, il y a une chape familiale, où tout le monde
met son grain de sel, et à l’annonce de notre stérilité de couple ! …Le
séisme familial a cherché, a collé, plus ou moins discrètement la faute sur
l’Autre ; « Et si tu avais un autre mec, tu tomberais
enceinte ? » ; merci maman ! Non non, je cherche pas
d’autre mec. Celui-ci me suffit. Merci. La faute a pas de chance. « Alors,
Aazerine, où en es tu de ta stérilité ? » ; merci belle
maman ! Ca m’a fait chaud au cœur ! « Ta » stérilité, de
votre côté, tout est nickel je présume… bref ; tous coupables !
Lâchages ;
lâchez-les moi les baskets ; les collègues entre deux cafés, qui veulent
tout savoir de la canule d’embryons en prenant des airs de vierges effarouchées
et en fronçant le nez de dégoût ; les questions nauséeuses entre deux
portes, la fausse compassion, les petits mots genre « pas grave, ça
marchera mieux la prochaines fois » ; et lâchages de lâcheté :
la famille toujours, si silencieuse lors de ces dernières et
interminables fêtes de Noël, à l’époque où ces gens ont présumé qu’il était
souhaitable de me laisser seule, dans mon coin, surtout par peur de me
déranger, « La fin d’année c’est si difficile quand on est
malheureux » …. Merci de m’avoir lâchée, de n’avoir jamais téléphoné,
envoyé de carte, de fleurs … c’est vrai quoi, réconforter autrui, c’est si
insurmontable quand on a la panse pleine de fois gras et de champagne. Merci
aussi, de m’avoir dit que non, « on » ne pouvait pas venir me voir
cet après midi si tourmenté où j’ai cru que j’allais crever de douleur ;
j’ai osé appelé à l’aide ; fallait pas. Merci de votre lâcheté.
Idées reçues ;
depuis l’enfance, j’ai suivi ma route, j’ai écouté, parfois à raison, parfois à
tort, les conseils et les avis des uns et des autres ; prédictions d’un
avenir sans enfant d’une copine voyante, avis médicaux erronés (longtemps, on
m’a dit que ma « maladie » était purement psychologique, issue de ma
tête « malad e" de jeune femme frigide –sic !
pour me protéger des hommes), (gloups), thèse à laquelle j’ai eu du mal à
souscrire, que je ne rentrais pas dans les canons de la féminité de façon
strictement volontaire … il n’en est rien ; l’endométriose est une
maladie génétique, auto immune … donc râpée pour les bébés sous la
couette ; avec des problèmes du futur papa … quel merdier !
Arrêtez
donc de balancer vos idées reçues à tous les distributeurs de café….
Médecins malgré eux ;
le corps médical ; entre les tenants d’une méthode naturelle qui
professaient que j’étais encore bien jeune il y a cinq ans, et qui n’ont pas
bougé, et les apôtres de la médecine salvatrice, qui m’ont éliminée parce que
je faisais « baisser les statistiques » de leur centre médical … que
de cynisme. Fais les chèques et tire toi ; est-ce cela la
médecine ; payer, payer, payer ? Après la première tentative, j’ai eu
des problèmes médicaux ; mon médecin débordé ne m’a pas reçue ; c’est
son collègue qui s’est fendu d’une consultation ; payante la visite ;
il n’a rien détecté ; il y avait des complications ; je les ai
endurées ; gratuitement.
…
En reste t-il encore ? Je crois que non ;
ma colère s’est dégonflée … balancée sur le web, elle n’a d’autre but que de
voyager dans le cyber espace, pour se réduire à néant. Pas de vous égratigner.
Juste ma colère, criée silencieusement, afin
que je ne l’entende plus, qu’elle ne me pollue plus. Compteur à zéro. Mise au
« net ». Sans
haine. Et retrouver l’équilibre.
Aazerine
dimanche 15 avril 2007
archives avril 07
09
avril 2007
"futur
arrêté ministériel" sur la FIV ; tremblez femmes stériles
"Le monde" le 7 avril ...
Mauvaise nouvelle ...
Un arrêté ministériel dont la
publication est imminente devrait apporter de nouvelles précisions quant au
nombre des embryons fécondés in vitro qui peuvent être implantés dans l'utérus
des femmes ayant recours à l'assistance médicale à la procréation (AMP).
La question de savoir combien d'embryons fécondés
peuvent raisonnablement être implantés est soulevée depuis l'émergence de cette
thérapeutique, il y aura bientôt trente ans. Il s'agit de concilier deux impératifs
a priori contradictoires. D'une part, fournir à la femme le maximum de chances
de devenir mère ; et de l'autre, ne pas provoquer une grossesse multiple.
Celle-ci fait en effet courir des risques tant à la future mère qu'aux enfants
concernés, victimes d'une grande prématurité et des séquelles psychomotrices
qui risquent de l'accompagner.
|
|
Durant une première période,
certaines équipes ont pu implanter jusqu'à cinq embryons et plus - quitte à
devoir en détruire certains durant la grossesse. Puis la tendance, à la fin des
années 1990, fut de n'implanter que deux ou trois embryons lors de chaque
tentative. Le
futur arrêté, qui se substitue à un texte de 1999, redéfinit les conditions
préalables à ces implantations intra-utérines. Il précise qu'une discussion
doit être organisée entre le gynécologue-obstétricien, le biologiste de la
reproduction et le couple concerné. C'est à son terme que le nombre des
embryons implantés sera retenu, une fois prise en compte une série de
caractéristiques biologiques concernant la "qualité" biologique des
embryons. En pratique, le texte préconise de
limiter à deux le nombre des embryons implantés et, dans certaines indications,
de se limiter à un seul. Dans le cas où plus
de deux embryons seraient implantés, cela devrait être justifié dans le dossier
médical. Dans l'esprit de la loi sur les
nouveaux droits des patients, cette initiative vise clairement à associer les
couples à la prise de décision ainsi, peut-être, qu'à prévenir de possibles
actions en justice. "Le principe de retenir a priori deux embryons
implantables résulte du fait que, en France, les femmes sont prises en charge
par les centres d'AMP à un âge relativement élevé (34 ans en moyenne contre 28
dans plusieurs pays d'Europe du Nord) et que, de ce fait, leurs chances
d'enfanter sont réduites", souligne François Thépot, adjoint à la
direction médicale et scientifique de l'Agence de la biomédecine. Cet organisme va prochainement lancer une étude visant à
évaluer de manière plus fine les résultats obtenus par les différents centres
spécialisés. En 2004, l'activité de ces derniers a correspondu à 2,3 % du total
des naissances. Jean-Yves Nau
Article paru dans l'édition du 08.04.07.
NB ; pour une vieille dame comme moi, ce serait
"suicidaire", mes autre embryons ne seraient pas congelés car pas
assez beaux, mais pourraient cependant s'implanter "in vivo" ... donc
l'horreur.
11
avril 2007
denière
galopade ...
Il y a des jours où tout va mal, et l'où ferait bien
de ne pas se lever. Mais c'est impossible qd il y a une prise de sang et une
écho à faire.
Me voilà donc avec mon ordonnance
"multitache" (dessus où on fait plein de trucs, i'a pas de taches de
gras hé !) ... dans la longue file d'attente de retour de week end pascal, avec
des soupirs à tuer un boeuf, car tout le monde est très énervé, très pressé,
très à cran ! Au passage, il faut m'expliquer pourquoi tout le monde est dans
cet état là, constamment.
C'est mon tour. Quand je me saisis des résultats du
début du week end (que je ne regarde pas d'habitude), un immense doute me
saisit ; taux minables.
RDV chez l'échographe, qui après avoir
"vu" vendredi ,et noté tout un tas de petits follicules, révise son
jugement et divise le nombre par deux. Sans me le dire. Malgrè mes questions
elle me dit que "Ca a bien réagi côté gauche, ça suit son cours depuis
vendredi". Dans la voiture, j'hallucine qd je lis le compte-rendu ; trois fofos
seulement. Où sont passés les autres ?
J'attends donc avec un désespoir relatif l'appel de
l'hôpital. Bon ; on continue. je me sens à moitié rassurée ; pré-ménaupose ?
Gros coup de fatigue ? Epuisement neuronal ? Harassement hormonal ? La
troisième session s'engage mal.
Dans ma tête, un petit "paf" retentit : un
gros "boum" plutôt. Je ne sais plus ce que je veux. Aller jusqu'au
bout de cette tentative, sans savoir si c'est la dernière, avec une fin
heureuse ou malheureuse ?
Comme j'aimerais être sûre que d'ici qq heures, on
me convoquera à l'hôpital pour la ponction et que de jolis embryons m'aideront
à relever le nez de mon nombril.
Comme j'aimerais que l'on me dise que tout est OK.
Je ne veux qu'une chose. En finir.
Je sais aussi qu'en cas d'échec je vais, malgrè mon
âge, demander un répit. Un no-doctor de trois mois, jusqu'à fin juillet, pour
me reposer. Loin des cachets. Des injections. Des échographies. Des prises de
sang. Des prises de tête. Des prises de rendez-vous. Des visites à la sécu. Des
courriers à la mutuelle. Des commentaires des "soignants".
Ailleurs.
Je ne sais pas pourquoi mais dès que je parle de mon
âge, j'ai toujours droit au commentaire de "la cousine germaine, qui après
avoir adopté, a eu deux autres enfants na-tu-rel-le-ment, dont le dernier à 43
années". Je ne suis la cousine germaine de personne. Visiblement.
Alors on a reparlé adoption, avec mon chéri,
mariage, parce que c'est mieux pour adopter. Et vacances. Parce que c'est
indispensable pour se "ressourcer".
Hum, la petite chose beigeâtre sur le rebord de
votre fenêtre ? Non, non, ce n'est pas une fiente de pigeon. C'est mon âme.
Pour la ramasser, éviter la petite cuillère à café. Prenez plutôt une cuillère
à moka.
Aazie
18
avril 2007
Précieuses
cargaisons
Nous voici de retour. Pour des vieux, score
honorable. Que dire de notre hôpital d’accueil ? Personnel accueillant,
professionnel, sérieux, positif … sans donner de faux espoirs. Que leur travail
me « rassure » sur ma féminité, même stérile, sur ma
non-responsabilité, sur l’avenir, sur l’espoir qui demeure ?
A ces gens ; MERCI.
Le savent-ils ? Comment leur dire ?
Nous voilà donc de retour ; un retour bizarre,
puisque mon compagnon a eu le soir même un accident de moto. J’étais très mal.
Pour lui, pour eux … peur que cette affreuse angoisse ne « tue » ces
bébés ….
Retour au boulot. Ce qui permet de changer d’air.
Et attendre, à nouveau.
Pour la première fois, j’espère. Du fond du cœur.
Merci pour vos messages de soutien.
Je vous raconte la suite dès que mes neurones se
remettent en route.
;-)
Aazerine
20 avril 2007
tic tac tic tac ...
Des nouvelles de mon chéri. Plus de contusions,
enfin bien atténuées. Une voiture de location, pour une semaine, (mais qui ne
lui donne pas le goût des automobiles, hélas), une moto à la casse....
Des nouvelles des petits embryons ; tenu le coup,
pas tenu le coup ? Je sais juste que je m'habille en taille 46, que j'ai très
mal au ventre, que mes migraines sont revenues ....
Une semaine déjà.
La terreur d'un résultat négatif ... tout
recommencer, le coeur en bouillie ... je ne l'envisage même pas.
J'espère que mes bouchounous sont bien au chaud,
qu'ils ont creusé un petit tunnel dans le fond de mon ventre et commencent
l'arrimage .... je leur parle, ils ont des prénoms, un avenir ... Si près, si
éloignés, entre le monde réel, et un monde "imaginaire", pétri
d'espoir et de désespoirs.
L'envie foudroyante d'être au résultat final, et la
crainte de l'échec.
Deux mondes. Deux facettes d'une même attente, d'une
même réalité.
AAzie
23
avril 2007
Babord
toute ! / Ségolène Royal et le PS
Je ne sais pas si sur un blog on a le droit de
dire "pour qui on vote" .... hier soir, la "honte"
d'il y a cinq ans est restée masquée par le bon score du candidat de droite ...
j'ai bien peur que nombre de "voies"
(voix) "honteuses" du 21 avril 2002 aient trouvé une autre
adresse ...
Après mûre réflexion, je n'ai pas choisi de voter
Ségolène Royal ; j'ai voté PS. Ce n'est pas la même chose. Pour moi.
On a beaucoup parlé du candidat UDF, mais comme l'a
dit un politologue à la radio "les voix de droite restent toujours des
voix de droite" ... il suffit de se souvenir de Bayrou, ministre de
l'éducation nationale pour le confirmer dans nos neurones électoraux
désoeuvrés.
J'ai donc voté à gauche ; vous vous souvenez de
l'arrêté ministériel sur la FIV ? Ben voilà ; je crois qu'au cours de ces cinq
dernières années, les lois en faveur des femmes ont été malmenées ; on est
passé de six FIV prises en charge à quatre, ce que je lis sur l'IVG, le statut
des gynécos, l'hôpital (qui a passé cinq heures sur une chaise dans la salle
d'attente des urgences sait de quoi je parle), l'adoption ... ne me rassure pas
du tout.
Le récentes déclarations du candidat de droite, par
ailleurs, sur les gènes, m'ont laissé comme un goût d'eugénisme national
socialiste du plus mauvais effet... comme il se trouve que l'endométriose EST
une maladie génétique, auto-immune, je me demande avec angoisse quand on me
passera à la moulinette ; de mm que l'on a éliminé les "sorcières",
le pas sera rapide à sauter pour fustiger les femmes stériles (une question
d'héritage kharmatique sûrement).
Je ne sers à rien, je ne reproduis rien, et en tout
état de cause si la FIv marchait, je rissquerait de transmettre des gènes
néfastes...
Quant à madame Ségolène Royal, je suis dubitative
... j'aimerais être persuadée de sa capacité à gérer ce beau pays qui est le
mien ...
Hier soir, à la télé, les partisans de droite
parlaient à ceux de gauche en leur reprochant d'être des hommes du passé, de
représenter le passé, et que eux, de droite (libérale), représentait l'avenir
triomphant de lois du marché radieuses....
Tout d'abord, il y a une erreur ; madame Royal est
une femme ; du présent. Ensuite, je trouve q'un parti qui présente une femme,
est plus "moderne", qu'un parti qui présente un candidat homme ; je
ne parle même pas des ministres "jupettes" qui furent satellisées
très rapidement dans un gouvernenemt précédent.
Que tous les éléphants du PS barissent contre
Ségolène me parait également sain ; oui, ça remue, tout le monde n'est pas en
file droite derrière le "chef" ; pas graves ques les pachydermes
s'agacent , c'est ça le vent du renouveau .... à condition de bien le négocier
...
Cela dit, j'ai été déçue du discours de madame Royal
; ça manque de nerfs, c'est confus, trop long, molasson .... le discours du
candidat de droite était certes exempt d'honnêteté (moi, ça me fait rire quand
un homme de droite ne veut laisser personne sur le bord du chemin en proposant
de travailler plus pour gagner plus ... ) mais hyper nerveux et accrocheur -ou
racoleur ... mais en tous les cas nerveux .
Madame Royal ; soyez concise ; parlez au coeur des
gens ; ne promettez pas des solutions sociales à TOUS les problèmes ... (le
smic à 1500 euros, personne n'y croit !) ne soyez pas trop radicale (les ados
encadrés pas des militaires bof bof bof). Soyez ferme. Vous avez en face de
vous un acharné du discours, de la formule vive ... faites gaffe.
Moi, je voterai PS à nouveau dans 15 jours. En cinq
ans, j'ai vu mon patrimoine et mon pouvoir d'achat devenir riquiqui ; je bosse
(les mauvais esprits diront qu'avec le temps que je passe à écrire mes
notes-blogs je pourrais travailler plussss....), je ne serai jamais
propriétaire de mon logement, j'aurai une retraite minimum .... quel avenir !
(je vous rassure je joue au Loto toutes les semaines).
Ces cinq dernières années, face aux soins médicaux,
j'ai eu à faire à la médecine libérale et à la médecine publique ; l'écart est
vertigineux ; tu veux être soigné, tu paies !!!
Alors oui, dans deux semaines, je revoterai PS.
...
Babord toute !
25
avril 2007
Heures
insoutenables
J'ai le don pour les titres positifs, vous trouvez
pas ?
Dernières heures de cette attente épouvantable ; je
n'arrive plus à m'extirper de chez moi pour aller chercher une baguette de pain
... ça tombe bien, je suis en vacances.
Ces cinq dernières années, cette attente s'est
toujours terminée de façon négative .... inutile de dire qu'une bonne partie de
mon esprit est particulièrempent incrédule ...
Ne me dites pas "que c'est pour ça que tu
échoues" ; cinq ans, c'est vrai ça formate pas mal, mais le côté
psychologique-négativo-réactif n'a pas fait long feu depuis que mon médecin a
éclairci la donnée médicale....
Mes neurones ne bougent plus ; encerclés par une
migraine sonnante, tapante, bongolisante, sans le recours de mes
précieuses pilules roses anti-migraine, je ne sens aussi coincée qu'une souris
de laboratoire égarée dans un labyrinthe sans gruyère.
Misère.
Aazerine-pas-trop-à-l-aise-dans-ses-baskets(mesdessandalesaazerine!!!)
26
avril 2007
le Bon
Dieu veut pas
Il y a deux nuits, j’ai fait un cauchemar
épouvantable.
Ne le lisez pas si vous êtes « sensible ».
Et ne me reprochez pas de l’écrire.
J’étais debout dans ma salle de bains, quand tout à
tout, un torrent de muqueuses rouges se déverse sur le sol, entre mes jambes.
Je hoquette, mi-surprise, mi-écoeurée par ces règles précoces.
Et mon regard se tourne sur le tapis de la salle de
bain, ou je vois ramper, un minuscule asticot rouge écarlate, de deux
millimètres. Et il rampe vers moi, lentement, lentement, et je suis absolument
sûre que c’est mon bébé, et que je l’ai expulsé sous forme embryonnaire mais
encore en vie.
Inutile de dire que je n’ai pas cherché à rêver plus
loin ; je me suis réveillée en sursaut, et impossible de fermer l’oeil
ensuite.
Au cours de ces trois tentatives (le mot tentative a
un côté suicidaire qui me ronge), j’ai chaque fois rêvé de mes règles. Petit
message de mon corps avant le dénouement….
Ce coup-ci j’arrête. Je me sens épuisée, vidée, de
ma substance physiologique, psychologique … mon mari et moi, ne faisons plus de
câlins, ne parlons plus, pleurons dans nos coins respectifs, en élevant une
montagne de douleur pour se protéger et protéger l’autre.
Je le confesse, j’ai le souhait de mettre fin à mes
jours ; en aurais-je le courage ? ; au bloc opératoire
l’infirmière m’a dit ; « Ici, c’est le meilleur endroit pour faire un
bébé, alors si ça ne marche pas, si il ne se produit pas de miracle, c’est
vraiment que le Bon Dieu veut pas ». Le Bon Dieu veut pas … je dois avoir
une âme bien noire pour qu’il choisisse cette punition là….
Aazerine-démon déchu
Deep Blue / Clear Blues / Baby Fiv Blues
Ce matin, dernières épreuves d’une chronique
d’un ratage avéré ; test pipi, puis test sanguin. Cinq heures du mat’ …
endormie depuis au moins trois longues heures, je prends le petit bâtonnet
médical qui va, « taddaaaaam » m’annoncer un résultat que je connais
déjà … Aujourd’hui, les super tests pipi très chers ne se colorent plus d’une
ligne si c’est négatif, de deux si c’est positif ; trop difficile à
interpréter.
On fait son petit pipi matinal sur le gentil bâtonnet,
puis dans la fenêtre d’affichage digital, un petit sablier (comme mon PC
quand il a décidé de planter mais qu’il ne souhaite pas le faire trop
ouvertement) se met à clignoter … au bout de trois minutes, la réponse
apparaît ; enceinte – pas enceinte ; suffit de savoir lire, heu
même pas ! ; « enceinte » un seul mot,
« pas enceinte » deux mots….
Je n’avais plus fait de tests depuis plus de …
pffffui ; j’ai tellement l’habitude du « niet-popov » que je
saute cette étape, et habituellement, je ne vais même pas à la prise de
sang ; mon médecin dit ; « même si il y a de petits
saignements » ; chez moi, ce genre de trucs dure une bonnes semaine,
avec tous les symptômes associés … à quoi bon. Donc là, après avoir donné
l’extrême onction à monsieur bâtonnet technologique très cher, quand mon
charmant compagnon se sera réveillé (il a des horaires décalés, entendez les
deux huit, super), je me doucherai, je filerai au labo, où la dame de l’accueil
roulera des yeux compatisso-curiosito-dégoûtés, je tendrai mon bras et
pic ! la dernière.
Après vacances hormonales pour tout le monde !
Aazerine, dont les retrouvailles avec sainte Vodka
sont imminentes.
30 avril 2007
Recettes magiques
pour faire un bébé
En cinq ans, on m’a donné beaucoup de
conseils et de recettes magiques pour faire un bébé … en voici une liste
non-exhaustive …
-1 ; « baiser, baiser,
baiser » ; pas très élégant, je le concède, mais c’est le premier des
conseils, qui m’ont été donnés et pas par n’importe qui, par mon grand
frère ; conseil qui répond à « tu veux un dessin pour savoir comment
faire ? » -Oué, faites moi un dessin, pour que je vois, si
techniquement, vous savez vraiment comment vous avez fait vos enfants.
Donc, « quand tu veux un bébé, ben, aux
bonnes dates, avec ta femme (mon frère est un garçon, don’t forget…), tu
baises, trois fois par jour, c’est comme ça qu’on a fait pour les trois
(enfants) et ça a très bien marché » : paroles de spécialiste.
-2 ; phytothérapie et médecines
douces ; un petit coup de la nature ; les plantes, ça aide, surtout
quand on vous les conseille sans en prendre soit même ; les granules
homéopathiques aussi, une bonne trentaine à laisser fondre à toute heure du
jour et de la nuit, très pratique pour travailler, pour vivre, et surtout, très
éloigné du problème ; c’est incroyable comme avec une avalanche de petites
gouttes et de petits granules, on arrive à s’alléger l’esprit… je ne
parle pas de autres techniques qui rendent fous ; ostéopathie,
kinésiologie, spiritisme, acupuncture, sophrologie etc .. pas de prise en
charge de la sécu, mais le coup de bambou financier c’est une plante magique
non ?
- 3 ; les plantes de ma
grand-mère ; loin des médecines douces, les conseils de l’entourage, de
celle qui a su par sa cousine que les décoctions d’angélique chinoise, de
fenouil ou encore de graines de perlimpinpin en bain de siège, en massage, en
salade ça marche …
- 4 ; gri-gri, talismans et
reliques ; vous la connaissez la copine de la copine de la copine de
Françoise, mais oui, celle qui offre des petites tortues aux femmes qui ne
réussissent pas à faire des enfants, et qui pof, moins d’un an après sont
mamans ? mais oui, la tortue, symbole de longévité et de fertilité ;
ou le lapin(évident), ou le signe ku’ing, ou encore le lézard des steppes du
nord du Pétropavlosk-Kamtchatsky ? Bref, la copine machin, que malheureuse
vous ne croisez jamais.
- 5 ; rencontre karmique ;
« moi, dans tous les bureaux où je suis passée, toutes les filles sont
tombées enceintes » vous explique Gaetanne qui vous met sous le nez son
ventre rond de second bébé ; « dis, Gaetanne, pourquoi tu changes
tout les temps de bureau ? » vous demandez en battant des cils.
Silence de Gaetanne. Vibrations fertilisantes.
- 6 ; psy-choses
- le tout psychothérapie ; vous en avez
besoin, c’est sûr.
- le tout psychiatrique ; vous êtes une
« malade », c’est sûr.
- le tout psychanalyse ; c’est un
blocage remontant à l’enfance, c’est sûr.
- 7 ; le pompon du bonnet du
marin ; « touche mon ventre, ça va te porter chance », m’a dit
l’une de mes collègues, alors que celle de l’année d’avant reculait toujours
d’un pas ou deux en me voyant … approche toi, ne t’approche pas ….
- 7 bis le régime sec ; pour faire
reculer l’endométriose, c’est facile ; un régime strict, sans sucres
rapides, sans sucres lents, sans laitages, sans viande, et sans graisse, ça
aide ! fruits et légumes cuits à tous les repas. Poisson deux fois par
semaine. Plus d’endométriose certes, plus de rythme cardiaque non plus.
- 8 ; prières ; « si tu savais
comme Lola, l’a voulu son bébé, et elle a prié, elle a prié, et finalement le
Bon Dieu l’a exaucé… ». Prier ses grands-mères, ses saints et saintes, le
petit chien Toutou mort pour mes cinq ans … « il n’y a pas d’abonné au
numéro que vous avez demandé… » Et mince !
- 9 ; Dame Nature ; il faut laisser
faire la nature. Point.
- 10 ; Service FIVETE ; le monde
joyeux de la PMA que je tente d’évoquer ici …mais, à Lyon, à Paris, à Nanterre,
à Marseille, à Grenoble, à Strasbourg, à Genève ...
- 11 ; ne pas y penser. C’est bien
connu, l’infertilité, c’est quand on y pense trop. Donc si on arrête d’y
penser, ça vient tout seul. Penser aux impôts, aux courses, à la prochaine
lessive, à tout, mais pas au bébé, et surtout pas, surtout pas, pendant les
câlins !!!!
- 12 ; comme les travaux d’Hercule.
Compléments alimentaires ; vitamines, oligo-éléments, bicarbonate, encore
des gélules et des pilules, et non, je ne savais pas que le zinc ça marchait à
coup sûr, et non 10000mg de vitamine C et la sœur de Margot est tombée enceinte
au second cycle, et avec six cuillérées de Palam-Palam péruvien, tes cycles
sont comme ceux d’une femme de trente ans….
Tous ces conseils, bien sûr, s’empilent et se
complètent, chaque conseilleur, pétri d’excellentes intentions, considérant que
son conseil vaut de l’or, et que « si tu ne le suis pas, franchement,
c’est que tu n’as pas envie de faire des efforts » ; alors que
faire ? Essayer l’un, puis l’autre, en changer tous les trois mois jusqu’à
trouver le bon ?
Mais souvenons nous, que face à la stérilité
(j’en ai marre de dire infertilité, après cinq ans, c’est le moyen de faire le
deuil du bébé qui n’est pas venu), il faut mettre un petit grain de magie
là-dedans ; ça dépasse tellement l’entendement, la raison, le quotidien,
c’est tellement vécu comme une malédiction moderne que quelques recettes
magiques ne peuvent pas faire de mal.
……..
Autre chose ; mon chéri a
« trouvé » mon blog ; au début, loin de moi l’idée de
cacher mes écrits ; un blog public, difficile à cacher à son compagnon.
Puis j’ai eu une période de doute, de retrait
de pudeur. Ces écrits sont à la fois tellement intimes, et paradoxalement
tellement exposés … parfois je me dis qu’ils sont le miroir du parcours
PMA ; ce qui doit relever de « la sphère de l’intime » est rendu
public ; le corps est continuellement exposé, inspecté, le petit secret du
couple, faire un bébé dans la chaleur et la douceur d’une couette, est rendu
froid et chirurgical… le fonctionnement « caché » et secret de nos
petits organes est décortiqué, commenté ….
Alors bisous à mon chéri … n’oublie pas le
pain !
aaz'
|
27 avril 2007
à propos du
suicide
suite à "mon envie de
suicide" ....
un peu de lecture là
dessus ....
http://www.maia-asso.org/sterilite-suicide.html






